Lifting et blépharoplastie : deux gestes, une seule logique
Il n’y a pas de règle générale, ni de protocole à suivre par automatisme.
Chaque visage est unique. Chaque indication doit être posée avec rigueur, en fonction de l’anatomie, de la gêne exprimée, et de ce que l’on cherche à corriger, ou à ne pas corriger.
On me demande souvent s’il est préférable de réaliser une blépharoplastie en même temps qu’un lifting du visage.
On ne fait pas les deux ensemble par principe. Mais quand les deux zones sont concernées, et que l’analyse clinique le justifie, les associer peut en effet être pertinent.
Deux zones différentes, deux indications à poser
- Le lifting cervico-facial traite l’ovale du visage, les joues, les bajoues, le cou. Il repose sur un repositionnement en profondeur des structures relâchées.
- La blépharoplastie, elle, traite les paupières supérieures et/ou inférieures : excès cutané, poches, regard alourdi ou fatigué.
Ces deux zones peuvent évoluer différemment selon les patients.
Certaines personnes peuvent avoir un relâchement important du bas du visage avec un regard encore net ; d’autres, au contraire, présentent très tôt un excès de peau sur les paupières, sans véritable relâchement de l’ovale.

Lifting et blépharoplastie : quand l’association est-elle pertinente ?
Lorsqu’il existe un relâchement global du visage, bas du visage et paupières, et que vous en êtes réellement gêné(e), il est judicieux de proposer une intervention combinée.
Dans ce cas, il ne s’agit pas de “faire deux choses en une fois”, mais de corriger deux déséquilibres qui coexistent, avec un résultat plus homogène, plus fluide, plus cohérent.
Ce choix permet :
- De ne pas multiplier les anesthésies,
- De regrouper les suites opératoires,
- et surtout, de traiter l’ensemble du visage dans une même logique de restauration.
Parfois, ce n’est pas une question de paupières…
Lorsqu’un(e) patient(e) se plaint d’un regard fatigué, on pense spontanément à la blépharoplastie. Mais ce n’est pas toujours l’indication la plus pertinente.
Il arrive que l’origine réelle de cette gêne soit la descente progressive du sourcil, ou un relâchement de la zone temporale.
Dans certains cas, il est plus adapté d’associer au lifting cervico-facial un geste plus localisé, comme un lifting temporal / lifting sourcilier, qui permet de remonter la queue du sourcil et de dégager la zone latérale du regard.
Ce type d’analyse fine se fait toujours en consultation, au cas par cas. Il ne s’agit pas de multiplier les gestes, mais de proposer une correction juste, qui respecte l’équilibre du visage.
Ce que je regarde avant de proposer une chirurgie combinée
En consultation, je procède toujours à une analyse précise :
- Le regard est-il altéré par un excès cutané ? une poche graisseuse ? une chute du sourcil ?
- Le relâchement de l’ovale est-il installé ? y a-t-il des bajoues, un cou fripé ?
- Les deux zones sont-elles à l’origine d’un véritable inconfort ?
- Le patient est-il prêt à envisager une chirurgie combinée ?
Ce sont ces éléments qui me permettent de recommander, ou non, une intervention globale.
Profil idéal pour une chirurgie combinée
L’association lifting + blépharoplastie n’est pas systématique, mais elle correspond à un profil assez fréquent en consultation.
En général, les patients qui en bénéficient le plus présentent :
- Un relâchement global du visage, avec un ovale moins net et des bajoues installées ;
- Un regard alourdi par un excès cutané des paupières supérieures, parfois associé à des poches sous les yeux ;
- Une gêne réelle et consciente sur les deux zones, pas seulement esthétique, mais fonctionnelle pour certains (champ visuel réduit par la ptose palpébrale) ;
- Un état de santé général compatible avec une anesthésie générale d’une durée un peu plus longue.
À l’inverse, si l’essentiel de la gêne concerne le regard seulement, et que l’ovale est encore bien soutenu, une blépharoplastie isolée sera souvent suffisante. Inutile d’ajouter un lifting si l’indication n’est pas posée.
Suites opératoires : à quoi s’attendre avec les deux gestes ?
La question revient souvent : est-ce que combiner les deux interventions double les suites ?
En pratique, non. Les suites se superposent plus qu’elles ne s’additionnent.
Dans les premiers jours :
- Un œdème du visage et des paupières, plus marqué dans les 72 premières heures ;
- Des ecchymoses plus visibles autour des yeux, qui s’estompent en 10 à 15 jours ;
- Une fatigue oculaire passagère, avec une sensibilité à la lumière parfois présente les premiers jours.
L’éviction sociale est généralement de 3 à 4 semaines pour un résultat présentable. Le résultat définitif, lui, se stabilise entre 3 et 6 mois, comme pour chacun des gestes réalisé séparément.
L’avantage concret de l’intervention combinée : une seule anesthésie, une seule période de convalescence. Pour de nombreux patients, c’est un argument décisif.
Ce que cette association ne corrige pas
Il est important d’avoir des attentes réalistes.
Lifting et blépharoplastie agissent sur des structures précises. Ils ne traitent pas :
- La qualité de la peau en elle-même : les taches, le grain de peau, les ridules de surface, ces aspects relèvent de la médecine esthétique ou des traitements laser ;
- Le front et les rides du lion, qui peuvent nécessiter un geste complémentaire (lifting frontal, injections de toxine botulique) ;
- Les volumes perdus au niveau des tempes, des pommettes ou du menton, que l’on peut restaurer par lipofilling associé si besoin.
Cette précision n’est pas une limite : c’est ce qui garantit un résultat naturel et cohérent. Une chirurgie bien planifiée ne cherche pas à tout corriger en une fois, mais à rééquilibrer ce qui doit l’être.
En résumé
Lifting et blépharoplastie peuvent, dans certains cas, être réalisés dans le même temps opératoire.
Lorsque les deux zones sont concernées, que la gêne est réelle, et que l’analyse clinique le confirme, alors oui : les associer peut être une démarche pertinente, cohérente, et souvent plus satisfaisante.
Mon rôle est de poser l’indication juste. De ne pas aller au-delà de ce qui est nécessaire.
Mais de ne pas sous-traiter non plus, lorsqu’une prise en charge globale est la meilleure option.

FAQ – Lifting et blépharoplastie
Est-ce que faire les deux en même temps alourdit les suites opératoires ?
Pas nécessairement. Les suites sont en grande partie communes. Il peut y avoir un peu plus d’œdème ou d’ecchymoses selon les zones traitées, mais cela reste modéré et bien encadré.
Peut-on faire une blépharoplastie après un lifting déjà réalisé ?
Oui. Si les paupières deviennent gênantes après un lifting isolé, une chirurgie secondaire des paupières est tout à fait possible, en toute sécurité.
Et si j’ai déjà eu une blépharoplastie, puis-je faire un lifting plus tard ?
Absolument. Les deux gestes peuvent être espacés dans le temps, en fonction du vieillissement du visage et des zones concernées.
Est-ce que cette association change le type de lifting réalisé ?
Non. Le geste du lifting (notamment le lifting deep plane) reste le même. La blépharoplastie s’ajoute comme un temps complémentaire, sans modifier la stratégie de remise en tension du visage.
Dois-je forcément décider des deux gestes dès la première consultation ?
Non. Une première indication peut être posée sur une seule zone. Il est tout à fait possible de réfléchir, d’y revenir, ou d’échelonner les interventions si besoin en fonction de vos souhaits et de vos contraintes.
Combien de temps dure l’opération si l’on associe lifting et blépharoplastie ?
Lorsqu’un lifting cervico-facial est réalisé seul, l’intervention dure en moyenne environ 3 heures. Si une blépharoplastie (supérieure, inférieure ou les deux) est ajoutée dans le même temps, on atteint environ 4 heures. Tout est fait pour que l’intervention reste bien tolérée, en sécurité, sous anesthésie générale, avec un suivi post-opératoire adapté
À propos de l’auteur
Chirurgien maxillo-facial, spécialisé dans la chirurgie et la médecine esthétique du visage à Lyon.
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